la prière
Maître, ils disent que quand je prie,
Conversant avec mon Dieu,
Il n’y a là que rêverie,
Un qui parle et non pas deux.
Tout autrement qu’ils n’imaginent,
Ils n’ont pas tout à fait faux :
Sec et froid jusqu’en mes racines,
Comment te prier comme il faut ?
Alors, ému de me voir vide,
Ton Esprit Saint me secourt ;
De toi germe en mon âme aride
Le mot, le soupir, l’amour.
C’est de toi que vient la parole,
Un qui parle et non pas deux,
Mais, en te chargeant de mon rôle,
C’est que je sois que tu veux.
En toi seul commence et s’achève
La prière de la foi.
Ce n’est pas moi, c’est toi qui rêves,
Et ton rêve me fait moi.
(poème de C.S. Lewis,
traduit et adapté de l’anglais par Henri Blocher)